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Edito - 27.03.08

 

POUR UN VERITABLE CADENCEMENT

La Région Rhône-Alpes a mis en service un horaire cadencé depuis le 09/12/2007 avec toutes les vicissitudes que l’on connaît. Aujourd’hui, certains mettent en doute l’intérêt du cadencement et vont même jusqu’à regretter les services précédents. Nous souhaitons par ce texte renouveler notre intérêt et notre soutien aux horaires cadencés qui n’ont, en fait, pas été réalisés correctement.

Quasiment tous les pays européens ont introduit l’horaire cadencé. Si les Suisses ont été les précurseurs, les Allemands, Belges, Espagnols, Hollandais, Italiens, Luxembourgeois, pour ne citer que les pays qui nous entourent, l’ont tous adopté. Seuls les français étaient réticents, puis subitement Réseau Ferré de France en a découvert les vertus et, pensant augmenter sensiblement ses recettes, l’a préconisé aux Régions. Cependant, ce que les suisses ont mis près de 20 ans à réaliser par paliers successifs et avec un plan d’accompagnement (projet Rail 2000), certains croyaient pouvoir le faire d’un seul coup en seulement trois ans. Nous indiquons donc ci-après quelques bonnes recettes pour réussir un cadencement.

Les Chemins de Fer Fédéraux suisses (CFF) ont planifié longuement leur projet de cadencement qu’ils mirent en place après la réalisation du plan Rail 2000. Ce dernier voyait l’aménagement des gares, des voies, de la signalisation, des infrastructures et des commandes de matériels en préalable à la mise en service du cadencement. Les nouveaux horaires furent mis en service en premier lieu sur l’axe principal du réseau entre Genève, Lausanne, Fribourg, Berne, Zürich et Saint-Gall. Puis le cadencement fut généralisé progressivement à toutes les lignes à doubles voies, puis au fur et à mesure sur les lignes à voies uniques. A l’heure sur certains axes, aux 2 heures sur d’autres, il s’agit d’un véritable cadencement sans aucun trou horaire. Après qu’un certain nombre de travaux divers eurent été réalisés, l’horaire cadencé fut étendu à l’ensemble du réseau helvétique y compris aux compagnies privées. Sur certains tronçons, le cadencement est descendu à la desserte semi-horaire voire même au quart d’heure.

En Rhône-Alpes, on a cadencé d’emblée y compris sur les voies uniques en oubliant d’y rajouter des points de croisements supplémentaires, cela est flagrant sur la ligne de Veynes. Hormis, l’étoile de Lyon, les horaires ont été mis la plupart du temps à la même minute de l’heure mais parfois avec des trous de 7 heures comme sur Grenoble – Genève. Au départ de Genève, la SNCF a fait un autre choix curieux. Des trains partent bien au 17 minutes de chaque heure, mais alors que l’on s’attendrait à ce qu’ils desservent la même ville, à 7h17 part un TGV pour Paris, à 8h17 part un TGV pour Marseille, à 9h17 part un TGV pour Paris, à 10h17 part un train pour Grenoble, etc… .

En Suisse, sur Lausanne – Berne, il y a une rame de réserve (conducteur et agent de train compris) au deux terminus ainsi qu’en gare intermédiaire de Fribourg. Dès qu’un train a du retard, une rame de réserve part dans le bon horaire dans le sens inverse et la rame en retard devient à son arrivée la nouvelle rame de réserve. Entre Lyon et Grenoble, il n’y a aucune rame de réserve à Saint-André-le-Gaz d’où parfois des retards excédants 3 voire 4 heures ! Et quand il y a une rame, il n’y a pas de contrôleur ou pas d’agent d’accompagnement. Et dire qu’au milieu de tous ces problèmes les cheminots font tout ce qu’ils peuvent. Nous tenons à le dire et à les en remercier.

Par ailleurs, les CFF disposent à Lausanne d’un Centre de Gestion du Trafic (CGT) mis en place spécifiquement pour mieux gérer le cadencement et ils ont mis en place des plans d’actions en cas de situation perturbée de différentes natures (pannes, accidents, déviations, transferts, etc) afin de limiter au mieux les retards éventuels. Nous demandons avec insistance la mise en place de tels plans en Rhône-Alpes.

D’autre part, l’entretien du matériel laisse souvent à désirer. Le matériel de traction est vieux et souvent mal entretenu sous prétexte d’économies (… de bout de chandelles !). Mais l’essentiel pour la SNCF est que les Régions payent et donc nous contribuables. Le nombre de trains annulés est inadmissible. La Région voisine de Provence Alpes Côte d’Azur a décidé de ne plus les payer. Qu’attend Rhône-Alpes pour faire de même ?

Aujourd’hui, il faut reconnaître une nette amélioration de la régularité depuis la mi-février. Les nouvelles livraisons de matériel roulant devraient aussi permettre plus de places, plus de trains et encore plus de régularité. Nos Elus doivent poursuivre leurs investissements ferroviaires et la mise en place du cadencement, mais ils doivent être sans complaisance vis à vis de la SNCF et de RFF. Sinon, ce sera la porte ouverte au privé comme cela semble venir en Alsace et en Lorraine ou pire encore avec une politique du tout routier. Il est encore temps de réagir.

William LACHENAL

Président de l'ARDSL

 


 

EDITO - 03.12.07

 

Au terme de nombreux échanges avec la SNCF et la Région Rhône-Alpes, la suppression des trains TER directs Annecy – Genève Eaux Vives est bien confirmée dès lundi prochain, le 10 décembre 2007.

Nous avons obtenu quelques améliorations, principalement avec la création d’un train Annecy – Annemasse le soir. Mais la demande majeure d’un train le matin pour arriver à Genève à 7h30 n’a pas été satisfaite.
Dans un communiqué du 28 novembre dernier, la Région Rhône-Alpes explique que « compte tenu de l’arrivée d’un nouveau matériel, cette liaison sera réalisée, à titre expérimental à partir d’avril 2008, par un train direct Annecy-Annemasse qui partira à 6h10 et offrira une correspondance à Annemasse avec le train Annemasse-Genève de 7h17. D’un coût annuel net de 300 000 € (matériel dédié, personnel dédié) pour la Région, la pertinence de ce train sera évaluée avec un suivi de la fréquentation et sa pérennité sera décidée dans le courant de l’année 2008 ».

Le point final que la Région souhaite donner à notre demande légitime de conserver les trains existants montre un détachement et un mépris impressionnants. Comment parler d’expérimentation sur un train qui existe depuis 2002 ? Comment la Région explique t-elle l’absence totale de communication sur les trains Annecy – Genève depuis 2002 ? Non seulement, nous allons rester pendant 4 mois sans ce train mais en plus la Région nous « moralise » sur le coût du train. Alors que dès le 10 décembre, Rhône-Alpes va créer environ une centaine de train dans les secteurs de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, va-t-elle moraliser la population du prix de ces nouveaux trains et à fortiori leur dire qu’on leur enlèvera au bout de 3 mois si le remplissage n’est pas optimal ? La Région va-t-elle dire aux 30.000 habitants du Trièves que la création de 2 trains supplémentaires entre Grenoble et Gap dès le 10 décembre prochain va coûter 600.000 € et que ces trains seront supprimés au bout de 3 mois si la fréquentation n’est pas excellente ?

Qu’est-ce qui justifie que la liaison ferroviaire du Genevois (Annecy, La Roche, Annemasse, Genève) mérite autant de condescendance ? Les 640.000 habitants ne sont-ils pas assez nombreux pour mériter 2 allers-retours par jour ? Les 25.000 voitures quotidiennes entre Annecy et Annemasse/Genève ne sont-elles pas assez nombreuses ? La congestion quotidienne de Cruseilles et d’Etrembières relève t-elle d’un mirage collectif ?

L’ARDSL estime ces suppressions et ces errements inacceptables. Dans moins d’une semaine des centaines de personnes vont se retrouver sur le quai, obligées de reprendre leur voiture ou de prendre des autocars aux tracés, dessertes et horaires aberrants. Conformément aux nombreuses discussions engagées avec les usagers depuis septembre, nous allons continuer notre action pour dénoncer une Région à deux vitesses.

 


 
 
EDITO du 11.10.07 - Une mobilisation sans précédent en Haute-Savoie

Une chose est sûre : la Région a largement sous-évalué la rébellion des Savoyards à la suppression de leurs trains. Les Conseillers Régionaux du secteur ont été indigents au point de ne pas s’intéresser au fonds des dessertes ferroviaires – qui sont pourtant la 1ère prérogative de la Région – et de laisser les décisions de « Charbonnières » s’appliquer sans imaginer leurs conséquences.

La calcul de Bernard Soulage, Vice-Président en charge des Transports, était simple : nous avons un boom de la fréquentation des TER, en particulier sur les bassins lyonnais, stéphanois et grenoblois et il faut que le cadencement réponde au plus grand nombre. En gros, on enlève les trains qui ne sont pas encore bondés – notamment en Haute-Savoie - pour les mettre sur Lyon. Le rapport de force local semblait à l’avantage de son calcul : des association modestes, des usagers peu nombreux (à 5 trains par jour, ça limite…), des Elus locaux peu enclins au transport public, une mise en place de cadencement qui fait toujours des mécontents.
Alors autant faire le dos rond et attendre que ça passe…

Mais ce n’est pas passé. Parce que ces décisions sont profondément injustes, parce qu’on enlève 5 malheureux trains quotidiens à un bassin de 640.000 habitants, parce que même les horaires des autocars de substitution sont à côté de la plaque et donc inutilisables.

M. Soulage aura cependant réussi plusieurs choses :

- à rendre très mal à l’aise les Conseillers Régionaux, Verts en particulier, qui se voient obligés de soutenir une politique du « tout routier » (Autocars sur A40 et A41) et qui va créer 354 tonnes de Co2 dans les Glières,
- à fédérer et mobiliser comme jamais la population et les associations.
- à fragiliser le projet CEVA (RER reliant le réseau ferroviaire de Haute-Savoie à la Suisse via le centre de Genève) en donnant des arguments aux détracteurs du train et un mauvais signal à la population.
- à renforcer la méfiance des citoyens envers leurs élus…

Maintenant que Jean-Jacques Queyranne, le Président de Rhône-Alpes, a repris le dossier il faut trouver une solution. Elle est simple : maintenir les trains.

La SNCF n’a plus de matériel ? Il faut en trouver :

- Louer du matériel aux CFF, à la Deutsche Bahn ou à Trenitalia.
- Déshabiller Paul pour rhabiller Pierre (reprendre le matériel enlevé).
- Louer du matériel TER à d’autres régions ou du matériel RER à l’Ìle-de-France.

Peu importe. Mi-Octobre. Dans moins de 2 mois, des trains seront supprimés.
La population attend des solutions, plus des mots !
 

 

HUMEUR - 11.12.07 - Suppression du train de l’académie « Evian-Valence » :
autopsie d’une gabegie de la Région Rhône-Alpes


Dauphiné Libéré du lundi 10 décembre
« Les parents en colère contre les nouveaux horaires TER »
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